Actualité Rennes

Édition du mercredi 21 mars 2007


Trois des parents qui s'impliquent dans l'organisation de la journée : Isabelle Lacoflette, Annie Marquer (DMF), Françoise Thouvenot (Apedys 35).
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Les parents échangent face aux « dysfficultés »

Pour la première fois, trois associations de parents d'enfants porteurs de troublesdu langage oral ou écrit se donnent la main pour organiser une rencontre.

Dyslexie, dysphasie, dyspraxie : repérés à l'heure des premiers apprentissages, les troubles « dys » sont un frein à la réussite scolaire.
Ils ont pour point commun une anomalie dans une zone du cerveau. Il n'y pas si longtemps, les enfants étaient apparentés à des retardés
intellectuels, au mieux à des cancres. Et condamnés à l'échec scolaire.

Un enfant dyspraxique conçoit bien les gestes mais n'arrive pas à les réaliser de façon harmonieuse. Il sera toujours maladroit.
La dyslexie se caractérise par une difficulté de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. L'enfant atteint de dysphasie ne parvient pas à
construire des phrases. A l'âge de 2-3 ans, il tient un discours monosyllabique. En fait, les handicaps sont très différents d'un enfant à l'autre.
Parfois, les troubles sont associés.

Les temps ont changé. De mieux en mieux diagnostiqués, les troubles « dys » sont pris en charge au moyen d'une pédagogie adaptée.
Les associations de parents mènent le combat pour la reconnaissance des handicaps. « Nos enfants n'ont aucun problème sur le plan intellectuel.
Le potentiel est là. L'enjeu est de mettre en place une béquille pour la réussite scolaire et l'insertion vers la vie sociale
 », explique Annie Marquer,
mère d'un enfant dyspraxique.

L'accès au système scolaire est la priorité des parents. « L'accueil des enfants « dys » suppose des enseignants formés. Mais la France est encore
en retard.
 » En Ille-et-Vilaine, un bon point est délivré au réseau de soutien. « Il y a une bonne écoute de l'Éducation nationale et de la médecine
scolaire. Le dépistage se fait bien, parfois dès la maternelle. Le suivi est assuré par le centre du langage basé à Pontchaillou.
 »
Une inquiétude perce : voir les auxiliaires de vie scolaire (AVS) remplacés par des emplois de vie scolaire (EVS) pas formés.
Les trois associations de parents ont tenu leur première rencontre en 2006. L'idée leur est venue d'organiser une rencontre commune.
En quelques mois, un groupe de six personnes, cinq mères et un père, a pris les affaires en main. Le résultat, c'est l'organisation d'une
journée d'information à la fois pour les parents, les enseignants et les soignants. Le succès est déjà au rendez-vous puisque la salle retenue sur
le campus de Beaulieu risque d'être finalement insuffisante pour recevoir le public. Les trois conférenciers attendus sont de niveau international :
le professeur Michel Habib, médecin enseignant au CHU de Marseille ; le docteur Olivier Revol, pédopsychiatre à Lyon ; le professeur Jean-Émile
Gombert, enseignant en psychologie du développement cognitif à Rennes 2. Les conférences seront suivies d'une table ronde en compagnie
d'intervenants locaux.

Alain THOMAS.

Pratique. Conférence, table ronde, ateliers « Les dysfficultés », samedi 24 mars, de 13 h 45 à 18 h, campus de Beaulieu, bâtiment 2A. Contact : tél. 06 79 10 34 01.

Ouest-France