Association d' Adultes et de Parents d' Enfants Dyslexiques


Compte rendu de la conférence "Dysorthographie"

30/11/2007 à RENNES.


Vendredi soir 30 novembre 2007 plus de 150 personnes, dont 95 % de parents, ont assisté à une conférence sur la dysorthographie animée par Céline Bouillaud, chercheuse au centre de recherche psychologie cognition de Rennes2.

Pour un enfant dysorthographique, " faire une dictée est comme, pour un adulte, écrire un texte dicté dans une langue étrangère inconnue ", explique la conférencière. Les enfants, quelque soit l'origine de ce trouble, dyslexie ou dyspraxie, ont généralement une atteinte des 2 voies : lexicale et phonologique.

Phonologique, tous les sons ou phonèmes du mots ne sont pas écrits: " il ance pour il lance " ou insertions de graphies rares : " phrite pour frite ". Lexicale : les mots réguliers sont correctement écrits, mais sans tenir compte du sens.

Dans un texte l'enfant écrit indifféremment " souris, sourit, souri, sous riz, ". L'orthographe est inconsistante et les segmentations de mots inexactes. Il ne suffit pas d'écrire sous la dictée pour orthographier, il faut comprendre le sens du mot dans la phrase.

L'enfant dysorthographique n'a pas un profil précis mais des traits communs : niveau de lecture faible, écriture lente ou compulsive et illisible. Cela peut s'expliquer par une dysgraphie mais aussi parce que persuadé d'écrire un texte truffé de fautes, l'enfant essaie de les cacher par un manque de lisibilité. On ne devrait pas parler de " fautes " mais d'erreurs car malgré l'apprentissage des règles, " ce n'est pas de sa faute ", il ne peut écrire correctement et c'est un trouble durable.

La rééducation orthophonique permet d'améliorer progressivement le lexique orthographique et d'acquérir l'usage des mots fréquents réguliers. Plus la rééducation est précoce plus elle est efficace.

Des parents s'inquiètent de difficultés identiques en anglais, langue opaque comme le français, alors que l'italien est plus facile. Ils font remarquer l'impossibilité de réussir des exercices où l'enfant doit remettre un texte en ordre logique, ajouter la ponctuation et les majuscules. C'est un travail demandé dans certains BEP administratifs. Cela pose la question de l'orientation vers des cycles courts, due à la lecture et l'écriture déficientes. Mais ces enfants ne sont pas toujours meilleurs dans des séries professionnelles que générales. C'est souvent une orientation par défaut.

D'autres parents s'inquiètent de l'influence du SMS sur l'écriture du français. La conférencière cite ses statistiques : en CM2, les élèves qui sont les plus performants en dictée font moins d'erreurs dans l'écriture SMS. Cela s'explique par l'impossibilité des dysorthographiques de jouer avec la sonorité des mots. SMS ou dictée, ils font des erreurs.

La mémoire de travail est surchargée par les processus de compensation mis en place. La dysorthographie intéresse les chercheurs depuis environ 20 ans et reste encore un trouble assez obscur.

C'est un trouble handicapant. Pour que l'élève puisse progresser et prenne confiance en lui, les enseignants doivent privilégier le sens d'un devoir plutôt que pointer les fautes de français et d'organisation de la phrase, quelque soit la matière.

Jeudi 6 décembre, une orthophoniste et apédys35 parleront sur radio Armorique de 10h à 11h de ces troubles dys associés qui concernent 10% des enfants.

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